Fred Cavayé aime le thriller. Et deux ans après Pour elle, il persiste et signe dans cette voie avec, de nouveau, pour héros un personnage propulsé malgré lui au coeur d'un tourbillon pour sauver celle qu'il aime. En l'occurrence, un futur infirmier dont la femme enceinte est kidnappée et qui doit, en échange de sa libération, faire sortir de l'hôpital où il travaille un truand sous surveillance policière. Chez Cavayé, le maître mot est efficacité. Et rares seront ceux qui ne seront pas scotchés à leur fauteuil pendant 1 h 25 ! Il s'appuie pour cela sur une mise en image maîtrisée, privilégiant le mouvement devant sa caméra aux mouvements intempestifs de caméra avec, en point d'orgue, une course-poursuite haletante dans les couloirs du métro parisien. Mais il joue aussi à multiplier les fausses pistes scénaristiques et à créer au maximum de l'humain pour ne pas se limiter au pur exercice de style qui finirait par tourner à vide. C'est la french touch de ce film qui n'a pas à rougir face aux productions américaines du même genre. C'est aussi ce que certains, dans notre rédaction, ont trouvé le moins réussi, car le plus maladroit, malgré la justesse de l'interprétation des deux fugitifs de ce polar : Gillles Lellouche, étonnant en futur père prêt à tout et Roschdy Zem, intense en truand plus complexe qu'il n'y paraît. Comme on l'avait déjà constaté dans Pour elle, le regard porté sur ses comédiens est essentiel dans un genre où on a tendance à le sacrifier au profit du pur spectaculaire. Et ça, c'est la Cavayé's touch !
A bout portant à l'épreuve du face à face