Paul Thomas et Wes (Anderson) n'ont aucun lien de parenté, si ce n'est qu'ils appartiennent à la même famille du cinéma indépendant américain. L'un et l'autre sont également reconnaissables: Paul Thomas par l'utilisation de plans-séquences (le grand mouvement lors de l'explosion du puits de pétrole dans There Will Be Blood, par exemple), Wes par celui de plans fixes à l'intérieur desquels il met en place son humour décalé. On l'a vu dans La Famille Tenenbaum ou La Vie aquatique, on le voit dans ce voyage en train à travers l'Inde, entrepris par trois frères décidés à resserrer les liens entre eux après une longue période de froid. Le premier problème, c'est que rien n'est plus vraiment surprenant chez Wes Anderson. Le second est que le minimalisme des situations ne pallie jamais ce manque de surprises. L'univers d'Anderson, pour être souriant et toujours cohérent, tourne en rond. On pardonne une fois. Pas deux.