Il régnait une ambiance étrange après la projection hors-compétition du nouveau film de Steven Soderbergh, Contagion. Les gens n'osaient plus se toucher, s'embrasser, se méfiaient de leurs voisins enroués... Il est vrai que le thriller, qui montre la propagation ultra-rapide d'un virus qui tue en 48 heures, fait froid dans le dos.
Pour son premier film avec les studios depuis Ocean's 13 en 2007, Steven Soderbergh signe un brillant hommage au film-catastrophe: on pense surtout à ceux des années 1970 comme La tour infernale qui, comme Contagion, réunissaient une distribution 4 étoiles. Loin d'être un artifice, son casting de stars (Jude Law, Matt Damon, Kate Winslet, Marion Cotillard, Gwyneth Paltrow...) permet de ne pas perdre le fil de son intrigue plurielle. C'est ainsi que nous suivons la propagation du virus à travers les efforts de scientifiques dans le monde entier pour l'arrêter. La force du film, c'est d'avoir évité le côté "film panique" (on court, on crie, on fuit) en traitant l'intrigue via ceux qui essayent de contrôler la situation. Les seuls civils auxquels il s'attache sont un père de famille immunisé (Matt Damon) et un journaliste qui veut alerter l'opinion (Jude Law).
Certes, on est loin du style de Traffic, la fresque de Soderbergh sur le trafic de drogue, mais Contagion pourrait avoir sa place à la fois au box office et à la saison des prix. Un peu comme The Social Network, l'an dernier. En tout cas, Venise est sous le charme et d'aucuns regrettent que le film ne soit pas en compétition.
