"C'est un garçon qui rencontre une fille, mais autant que vous le sachiez d'emblée, ce n'est pas une love story." Le narrateur du film a raison. Ce n'est pas une histoire d'amour, c'est un kaléidoscope d'émotions, une sarabande sentimentale coloriée aux feutres. Tom croit en l'amour toujours, Summer n'aime que pour quelques jours. Il est un rien étriqué, un peu banal, totalement charmant. Elle n'est pas vraiment belle, elle est irrésistible avec sa dégaine de Scopitone des années 60. Elle est aérienne, mutine et captivante. Il est épris. "C'est elle, c'est la femme de ma vie", se dit Tom la première fois qu'il la rencontre. Elle le largue gentiment, il la drague maladroitement, il quitte son boulot sur un coup de déprime, il danse de bonheur dans un parc, il noie leur rupture dans l'alcool : Tom se souvient de tout en vrac, dans le désordre. Les souvenirs n'en ont cure, de la chronologie. Ils surgissent sur une mélodie, se déplient en pop-up au bord d'un banc, se dessinent au crayon gras sur les murs, joies et chagrins superposés. Et puis un jour, ils se dissolvent dans l'eau bleue d'un autre regard et tout peut recommencer. Cela, et bien d'autres choses infiniment vraies, le réalisateur l'a compris. Son film est un arc-en-ciel. Au bout du bout, il y a un trésor : la certitude qu'en amour rien n'est jamais écrit.