Il appartient à la génération de ces artistes meurtris par la répression militaire de la place Tian'anmen. Et il ne cesse depuis de dénoncer les dérives de la société chinoise. Contrairement à son compatriote Ai Weiwei, Yue Minjun, 50 ans, n'utilise pas l'arme de la provocation mais celle de la dérision et de l'ironie.
Ses tableaux, au style facilement reconnaissable, montrent des hommes riant à gorge déployée, à l'image de ces condamnés, hilares à l'heure de leur exécution. Ses oeuvres les plus récentes le mettent en scène dans des situations cocasses, déclinant un même visage couleur rose vif, yeux fermés et sourire surdimensionné. Si Yue Minjun n'attaque jamais de façon frontale, tout le monde comprend ses intentions. Il pointe la violence et l'absurdité d'un système. Bien que star de la scène internationale, l'artiste est un homme discret. C'est la première fois qu'une rétrospective lui est consacrée en Europe.
