Art contemporain "méca-assisté". Quatre mots pour résumer -grossièrement- "l'exposition monumentale" Art robotique, à la Cité des sciences & de l'industrie du 8 avril au 4 janvier 2015. "C'est avant tout une exposition d'art contemporain, mais dans laquelle des artistes utilisent la robotique -dans son sens large- pour porter un regard différent sur des questions de société", explique Blandine Savrda, la commissaire d'exposition. Par "art robotique", comprenons donc "tout ce qui touche au numérique, les oeuvres automatisées, informatisées, robotisées" etc.
Au programme, une vingtaine d'oeuvres dynamiques, "Très spectaculaires, très visuelles, susceptibles de plaire aux adultes comme aux enfants", assure la commissaire d'exposition. Illustration avec la Matrice liquide 3D, en exclusivité mondiale. La structure de 2m50 sur 2m50 rassemble 900 "buses" qui propulsent des jets d'eau pour former des sculptures en 3D -que les artistes ont préalablement programmées. Des "oeuvres éphémères", et magnifiques, qui disparaîtront à la fin de l'exposition. Voir la vidéo ci-dessous:
Autre création majestueuse, la Totemobile, exposée pour la première fois à Paris, une mythique Citroën DS se métamorphose en une oeuvre de 18m de haut. "L'oeuvre se transforme -élévation et diminution- en 20 minutes deux à trois par jour", explique Blandine Savdra, "pendant que des éléments 'meurent', au fur et à mesure de l'élévation". Voir la vidéo ci-dessous:
Le robot-peintre The Big Picture, du collectif Robotlab (Allemagne), réalise de son côté une oeuvre picturale grand format pendant... les neuf mois de l'exposition. Il n'en est pour l'instant qu'au début... Rendez-vous dans huit mois, donc.
Dans une autre salle, le Chemin de Damastès, installation de 60m de long, met en scène des lits d'hôpital se soulevant en même temps, grâce à un contrôle informatique. Une référence aux lits de Procuste (également appelé lits de Damastès), symbole de l'uniformisation tant du physique que de la pensée. "Une oeuvre politique", nous confie Blandine Savrda, qui vient ici souligner un danger récurrent dans l'histoire des hommes.
Et "si l'exposition ne présente aucun robot humanoïde, une 'salle de médiation' en dehors de l'exposition propose tout de même des ateliers pour les scolaires -assembler un petit robot, en faire sortir un autre d'un labyrinthe etc.-, des explications sur le rôle des robots aujourd'hui, leur 'intelligence' etc., précise la commissaire d'exposition.
Le fameux robot NAO pourra même prendre le rôle de guide, le temps d'une visite à partir du 12/13 mai. Il n'était malheureusement pas disponible lors de notre visite... "Nous avons encore plusieurs réglages à faire pour qu'il soit complètement opérationnel pour la visite", nous explique-t-on. Et, même une fois optimisé, il aura tout de même du mal à "assurer la visite sans un support humain". L'intelligence artificielle a encore du chemin à faire...
Si nous sommes encore très loin des univers robotiques décrits dans de nombreuses oeuvres de science-fiction, difficile tout de même de ne pas imaginer le futur sans les robots. Seront-ils serviables et -presque- inoffensifs comme dans les oeuvres d'Isaac Asimov? Destructeurs et hostiles comme dans Matrix ou Battle Star Galactica? Désespéremment en quête d'humanité comme dans Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques? (Philip K. Dick) ou Ghost in the shell? Pour le moment, ils nous aident en tout cas à créer des oeuvres monumentales... et captivantes.
>> Voir aussi notre reportage vidéo complet
