Acquérir un "morceau" du portefeuille d'actions détenu par de grandes familles d'industriels comme les Agnelli, les Wendel ou de célèbres financiers comme Warren Buffett, c'est possible : en achetant des titres de leurs sociétés cotées en Bourse. Certaines de ces grandes dynasties ont en effet intégré leurs participations au sein d'une structure financière. Au cours du temps, elles y ont déposé du cash, ont emprunté, réinvesti leurs dividendes pour détenir des actions dans de nouvelles sociétés, se créant, peu à peu, un patrimoine.

"Ces holdings constituent un terrain de chasse intéressant pour l'épargnant, explique Guillaume Eyssette, directeur associé du cabinet Gefinéo. Si elles sont bien gérées, peu endettées et possèdent des parts de capital dans des groupes offrant de belles perspectives de croissance, le cours de leurs titres progressera sur le long terme. De plus, elles sont souvent décotées, c'est-à-dire que la somme des participations qu'elles détiennent est inférieure à la valeur de leur capitalisation boursière. Des décotes comprises entre 20 % et 40 %."

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Cette sous-valorisation reflète à la fois une désaffection pour ces véhicules boursiers, un peu passés de mode, et une forme d'aversion pour l'incertitude. Tout d'abord, ces groupes financiers ne sont pas considérés comme des pure players puisqu'ils peuvent avoir des actifs dans des secteurs d'activité très divers. Or les marchés accordent actuellement une prime aux opérateurs spécialisés dans un domaine, plus faciles à analyser.

Par ailleurs, ces sociétés de portefeuille jouent souvent la carte du private equity en investissant dans des start-up et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) non cotées en Bourse. Mais qui dit non coté, dit incertitude quant au prix réel de la firme. Par prudence, les investisseurs font alors une estimation minimale de la valeur de ces entreprises. Ainsi, vous achetez des actions sous-valorisées susceptibles d'offrir un potentiel de gain supplémentaire si les marchés réajustent à la hausse leur évaluation.

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C'est ce qui pourrait en partie expliquer l'excellent parcours boursier de holdings comme Exor et Wendel, affichant au 26 janvier 2021 des hausses spectaculaires - respectivement de 79,8 % et 58,6 % - du cours de leur action par rapport à leurs plus bas enregistrés en mars 2020. Une performance bien supérieure à celle de l'indice CAC 40 qui a progressé de 47,1 %.

Enfin, pour ceux qui n'ont pas le temps de mener une gestion active de leur portefeuille, investir dans une holding, c'est détenir des titres dont la valeur dépendra de choix de placements menés par de grands patrons de l'industrie ou de la finance, aguerris, bien informés, bien entourés et qui ont souvent réussi.

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