Il ne faut pas forcément venir de la publicité pour faire de la publicité. Les fondateurs d'Invibes Advertising l'ont bien compris et ont commencé dans l'e-commerce. Si Kris Vlaemynck et Nicolas Pollet en sont ensuite arrivés à la publicité digitale, c'est qu'ils ont su que, comme dans d'autres secteurs, un grand chamboulement pouvait être opéré. Celui de la désintermédiation, comme le décrit Edwin Faure, directeur de la gestion chez Philippe Hottinguer. "Ils réduisent la chaîne d'intermédiaires en s'adressant en direct aux grands groupes, qui sont les annonceurs, et aux grands médias sur lesquels ils passent leur publicité." Ce qui permet de court-circuiter les autres acteurs traditionnels, qui peuvent aller de la programmation à la récupération de données.

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Pour y arriver, rien à voir avec une stratégie de communication qui se voudrait différenciante. Le nerf de la guerre, c'est la technologie. Invibes Advertising se décrit à ce titre comme une société technologique et non une agence de communication. Avec un effectif composé pour moitié d'ingénieurs développeurs, son modèle est celui des géants la tech, comme Google ou Amazon, qui se taillent la part de lion sur ce marché, en entrant directement en contact avec les annonceurs, en gérant les sites sur lesquels ils diffusent la publicité et en choisissant à quel type de visiteurs ils la montrent.

Un réseau de partenaires premium

Invibes Advertising a choisi de se concentrer sur un produit très rentable en ne commercialisant que de la publicité native, modèle de publicité intégrée au contenu et qui vient de Facebook. "Le modèle d'Invibes Advertising repose sur la publicité in-feed, inspirée des réseaux sociaux. La publicité se trouve au coeur de l'article. Par définition, ça se monétise beaucoup mieux que les bannières sur les côtés et c'est beaucoup plus demandé par les clients annonceurs, comme par les médias", confie Edwin Faure. Ces publicités sont également plus pertinentes. Grâce à un format mieux intégré au texte, plus ciblé en fonction du site web consulté, l'engagement du lecteur est bien plus élevé qu'un simple encart. Avec l'énorme avantage de ne pas susciter d'intrusion - une demande de plus en plus explicite des clients pour préserver leur image auprès des visiteurs.

Evidemment, Invibes Advertising est bien plus petit qu'un Gafa et a dû jouer des coudes pour se faire connaître dans cet univers. Sa plus-value, c'est de compter sur un réseau de partenaires premium, constitué de sites de médias d'information - parmi lesquels Lexpress.fr. "Quand un annonceur leur donne un budget avec un objectif à atteindre, ils savent quelle performance ils peuvent réaliser grâce à leur technologie, qui leur permet d'être présents sur l'ensemble de la chaîne de valeur. Ils répartissent le revenu entre eux et le partenaire média sur lequel ils ont mis leur publicité " explique Loïc Wolf, analyste financier chez Greensome Finance. Volkswagen ou Mercedes sont parmi les plus importants de leurs 500 annonceurs.

Opérer sur le digital est rémunérateur. Structurellement, le marché de la publicité digitale est en plus forte croissance que celui de la publicité globale, avec un rythme de croissance de 15% par an. Pourtant, ce n'est pas de la croissance que connaît Invibes Advertising, c'est de l'hypercroissance !

Objectif 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024, soit une progression de 60% par an, réalisable grâce à un réseau de plus en plus international et des campagnes couvrant plusieurs marchés. "Ils ont accès à de nouveaux pays, ce qui leur permet de toucher de nouveaux sites, de nouveaux partenaires. Ça permet d'avoir de nouveaux budgets et d'augmenter ceux qui sont déjà existants ", poursuit Loïc Wolf. Et comme les grands comptes ne font pas l'essentiel des revenus dans le secteur, Invibes Advertising mise de plus en plus sur les petites et moyennes entreprises cherchant à gagner en notoriété sur le digital. En bourse, le titre s'est révélé pendant la crise sanitaire, le cours a plus que doublé depuis mars 2020.

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